Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Expéditions Sargasses 2 : [JOUR 5] Sous les radeaux, des poissons et … du plastique !

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Dès 6:45 tout le monde se hâte sur le pont ! Des gros radeaux de Sargasses entourent le Yersin ! Les scientifiques et ingénieurs du MIO effectuent donc leur première station longue et font la totale : plongée, prélèvements pour les études sur la génétique, le réseau trophique, les contaminants, les microplastiques et la microbiologie.

Thomas Changeux, Hubert Bataille , Dorian Guillemain et Sandrine Ruitton, accompagnés d’un photographe professionnel, Olivier Borde, plongent sous le radeau. L’objectif : faire des prélèvements d’organismes et prendre des photos des espèces observées.

Sous l’eau, ils ont testé l’Eugénol pour faire leurs prélèvements, c’est une huile essentielle de clous de Girofle au pouvoir anesthésiant ! Mais cette technique n’étant pas assez efficace, elle a été abandonnée, la prochaine fois ils utiliseront une autre stratégie. Effectivement, Hubert nous confie que « le travail sous l’eau n’est jamais simple et il faut souvent ajuster les techniques. »


Travail sous les Sargasses
© Monaco Explorations - Olivier BORDE

Aux abords des radeaux, ils ont trouvés des crevettes, des crabes, des anatifes (certainement l’espèce Lepas anatifa). Les anatifes sont des crustacés ou pouces-pieds. Ils vivent fixés sur un support fixe ou flottant. Près des radeaux un grand nombre de poissons tournaient. Il y avait des sérioles (Seriola rivoliana), des daurades coryphènes (Coryphaena hippurus), des croupias roches (Lobotes surinamensis), des balistes rudes (Canthidermis maculata), des grands porc-épic (Diodon hystrix), des carangues coubali (Caranx crysos).


Poisson porc-épic sous les radeaux
© Sandrine RUITTON


De jolis anatifes
© Hubert BATAILLE

Au milieu de cette magnifique faune naturelle se trouvent malheureusement de nombreux macro-déchets de plastiques. Les chimistes récupèrent toutes ces sortes de plastique afin d’analyser les teneurs en additifs. Le plus désolant c’est que certains sont si petits, les micro-déchets, qu’on ne les voit même pas à l’oeil nu, mais ils sont très nombreux. Ces plastiques, en se fractionnant, produisent des fragments microscopiques. Ils relarguent certainement des contaminants organiques de type phtalates. Les Phtalates sont très dangereux pour les premiers âges de la vie, la fertilité et le développement embryonnaire de nombreuses espèces, et, de manière reconnue, pour le rorqual commun qui, pour se nourrir, filtre une très grande quantité d’eau !


Au milieu des poissons des macro déchets plastiques...
© Hubert BATAILLE

Une autre partie de l’équipe s’est occupée des prélèvements d’eau, de microplastique et de zooplancton à partir de la deuxième annexe du Yersin. Les échantillons ont ensuite été conditionnés et traités dans les laboratoires du bord.

Pour demain matin, les scientifiques prévoient le même programme, mais cette fois sur des radeaux repérés au large du Sierra Leone.