Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Nouvelle-Calédonie, archipel de corail. IRD Editions/solaris

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À l’occasion de la parution de l’ouvrage Nouvelle-Calédonie - Archipel de corail , l’océanographe Claude Payri, qui en a assuré l’édition scientifique, présente le contexte dans lequel il s’inscrit.

Le M.I.O. a contribué a plusieurs chapitres (3, 4 et 8) par Renaud Fichez, Cécile Dupouy, Sophie Bonnet, Pascal Douillet

Tout public, format 26,5 x 22,5 cm, 288 pages, 265 illustrations, français
IRD Éditions/Solaris, 2018

Le M.I.O. a contribué a plusieurs chapitres (3, 4 et 8) par Renaud Fichez, Cécile Dupouy, Sophie Bonnet, Pascal Douillet

Pourquoi publier ce livre maintenant ?

Claude Payri : Il marque la contribution de la Nouvelle-Calédonie à l’année internationale des récifs coralliens. L’ouvrage s’inscrit également dans les célébrations associées aux dix ans du classement d’une partie des récifs et lagons calédoniens au Patrimoine mondial par l’Unesco, en juillet 2008. Il parait aussi au moment où l’on fête les quatre ans de la création du Parc naturel de la mer de corail, qui englobe toute la zone économique exclusive calédonienne et en fait le plus grand parc marin d’Europe. Enfin, cet ouvrage pluridisciplinaire, regroupant les contributions de plus 100 experts, dresse un bilan accessible au grand public des connaissances actuelles sur le sujet et fait dialoguer les scientifiques et les gestionnaires territoriaux de ces milieux.

Que connaît-on déjà des coraux et lagons calédoniens ?

C. P. : En 70 ans de recherches sur les récifs et lagons de Nouvelle-Calédonie, les scientifiques ont accumulé de nombreuses données sur leur histoire géologique, leur contexte océanographique et climatique, sur la richesse biologique qu’ils recèlent, mais aussi sur les menaces engendrées par le changement global pour ces écosystèmes complexes. Les travaux menés ont également révélé et documenté les relations qu’entretiennent les Hommes avec ces milieux naturels, et ce depuis 3 000 ans. Enfin les connaissances scientifiques acquises contribuent à la nécessaire préservation de ce patrimoine naturel exceptionnel. Pour autant, il reste encore beaucoup à découvrir sur le sujet, à la fois parce que l’espace est immense et diversifié, la communauté scientifique pas assez importante et les outils et méthodes d’étude en constante progression…

Que représentent les coraux et lagons pour la Nouvelle-Calédonie ?

C. P. : Ici, la mer, les récifs et les lagons ne séparent pas les Hommes, ils les lient. Au-delà du patrimoine naturel célébré, ces espaces constituent en effet un bien partagé, fournissant aux populations des ressources essentielles et constituent l’un des socles de la culture kanak. Pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, ces milieux représentent une formidable chance de sortir de l’ère du « tout-nickel » 1 et d’engager une économie « bleue » 2, respectueuse de l’environnement. Les récifs et lagons sont un réservoir de vie inestimable, source de bio-inspiration, avec des molécules d’intérêt technologique produites par les organismes marins d’ores et déjà valorisées dans des innovations : plusieurs traitements anticancéreux, antibiotiques, antiviraux, antiparasitaires et analgésiques sont issus de molécules isolées dans le monde marin. Ces milieux constituent aussi de précieuses ressources renouvelables, alimentaires et touristiques notamment, dont l’usage raisonné peut assurer la durabilité.
Quelles sont les solutions concrètes – ou les pistes – pour préserver ces milieux ?

C. P . : À l’échelle planétaire, les récifs coralliens sont en péril immédiat, victimes des nuisances engendrées par les activités anthropiques. En Nouvelle-Calédonie, la situation est plutôt favorable, grâce à la faible pression exercée par les populations. Mais il faut rester vigilant, car même ici les menaces sur les coraux ne manquent pas : accroissement des populations et des activités associées – effluents urbains, pollutions accidentelles, pressions sur les ressources marines alimentaires -, exploitation minière, pression commerciale sur les ressources vivantes, tourisme de masse…

Pour préserver les récifs coralliens, il s’agit donc de limiter les impacts des activités humaines, par l’éducation, la réglementation et l’adéquation des politiques publiques aux exigences de la nature. Les apports de la science sont précieux pour y parvenir et cet ouvrage accessible et complet entend faire œuvre de pédagogie en ce sens.

Notes :

1. L’exploitation de ce minerai domine l’activité économique de l’île depuis le 19e siècle.

2. Modèle économique fondé sur la valorisation des produits locaux, l’inspiration du vivant et considérant les déchets comme dotés de valeur